Conférence ministérielle sur la production locale de médicament : les participants adoptent la Déclaration d’Alger

La Conférence ministérielle africaine sur la production locale de médicaments s’est ouverte le jeudi 27 novembre et s’est achevée ce samedi, 29 novembre 2025, au Centre international de conférences (CIC) Abdelatif-Rahal à Alger. Marquant l’engagement des pays africains envers la souveraineté sanitaire, cette conférence a pour objectif principal de renforcer la production pharmaceutique africaine afin de garantir un accès équitable aux médicaments et assurer l’autosuffisance du continent.
Prenant exemple sur la pandémie de la COVID-19 et ses leçons, le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Ghebreyesus, a insisté sur la nécessité d’une production locale accrue pour améliorer la préparation aux épidémies et progresser vers la couverture sanitaire universelle. « L’expansion de la production locale et régionale est essentielle pour protéger et promouvoir la santé sur notre continent » souligne-t-il.
Pour sa part, le Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique a appelé à une action africaine autonome, garantissant des médicaments sûrs, abordables et produits localement. « L’Afrique ne sera plus la dernière à accéder aux contre-mesures médicales essentielles. C’est un engagement envers nos populations : les médicaments dont elles ont besoin seront sûrs, abordables et produits sur le sol africain » ,affirme-t-il avant d’ajouter que le renforcement de la production locale n’est pas un choix mais une nécessité pour la sécurité collective et l’indépendance économique.
La conférence d’Alger est aussi un cadre d’échange sur le renforcement des cadres réglementaires, l’amélioration du contrôle qualité et la traçabilité des produits. L’Agence africaine du médicaments (AMA) prête à accompagner les pays dans ce processus met l’accent sur la création de pôles régionaux de fabrication et de chaînes d’approvisionnement.
« L’Afrique ne peut pas continuer à être fragmentée. L’Afrique ne peut pas continuer à dupliquer les efforts. Chaque pays ne peut pas et ne doit pas fabriquer tous les produits. Nous devons être stratégiques et créer des pôles régionaux de fabrication, des plateformes logistiques ou chaînes d’approvisionnement régionales, ainsi que des laboratoires régionaux », insiste Dr Delese Mimi Darko, Directrice générale de l’AMA.
La rencontre d’Alger s’inscrit dans la vision des chefs d’État africain qui consiste à ce qu’au moins 60 % des produits utilisés en Afrique viennent de l’Afrique.
Le Directeur général de CDC Afrique, Dr Jean Kaseya, saluant les performances de l’Algérie où plus de 82 % des produits utilisés sont fabriqués localement, fixe le cap : « nous ne voulons pas que les médicaments fabriqués en Algérie qui doivent être consommés dans nos pays deviennent l’objet d’un marchandage bilatéral. Nous travaillons à ce que tous les produits fabriqués dans nos pays africains soient disponibles dans d’autres pays africains. Nous voulons la souveraineté africaine et cette souveraineté va commencer à partir d’aujourd’hui en Algérie ».
La Conférence ministérielle africaine sur la production locale de médicaments tenue 🇩🇿 s’est conclue par la #DéclarationdAlger, une étape clé pour renforcer la souveraineté sanitaire du continent et concrétiser la vision #Agenda2063. pic.twitter.com/DELb2jNspU
— OMS Algérie (@OMS_ALGERIE) November 29, 2025
La conférence d’Alger qui a regroupé 29 pays fait suite à la Foire commerciale intra-africaine (IATF2025) et vise à renforcer l’industrie pharmaceutique africaine. Elle s’est terminée par l’adoption de la Déclaration d’Alger : une feuille de route pour orienter les politiques de production locale. Cette déclaration comportent 13 engagements collectifs dont le renforcement des pôles de fabrication des produits pharmaceutiques et des vaccins à travers la zone de libre échange continental (ZELECAF). La Déclaration d’Alger engage également les pays signataires à renforcer les agences nationales de régulation et harmoniser les réglementations à travers l’Agence africaine du médicament (AMA) pour améliorer la sécurité du continent.







