RDC : le gouvernement suspend les exportations de cobalt pour 4 mois.

Le gouvernement congolais a décidé, lundi, de suspendre pour quatre mois les exportations du cobalt. La mesure a été annoncé par l’Autorité de Régulation et de Contrôle des Marchés des Substances Minérales Stratégiques (Arecoms) dans un communiqué du 22 février.
Considéré comme le plus grand producteur mondial de ce métal essentiel pour les voitures électriques et les téléphones portables, la RDC a suspendu de façon temporaire les exportations de cobalt alors que les prix de ce métal ont décroché de près de 50 % en deux ans. Cette décision vise à contrer la surabondance actuelle de l’offre sur le marché international afin de stabiliser les prix, a précisé, Patrick Luabeya, Président du Conseil d’administration de l’Arecoms.

Pour rendre effective la mesure liée à la suspension des exportations de cobalt, un décret a été signé, le 22 février 2025, par la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka. Ce texte autorise le régulateur à prendre des mesures pour préserver la stabilité du marché. Des règles plus strictes pour l’industrie du cobalt locale ont également été annoncé. Le mélange de cobalt artisanal et industriel sera désormais interdit.
La suspension des exportations s’applique à tout le cobalt provenant du pays, notamment, celui issu de l’exploitation minière industrielle, semi-industrielle, à petite échelle ou de petite mine, ou artisanale. Ainsi, la suspension a un impact immédiat sur les entreprises chinoises. CMOC Group, le plus grand producteur de cobalt au monde a vu ses actions chutées de 1,3 % après l’annonce de la mesure. D’autres grands producteurs mondiaux de cobalt, présents sur plusieurs mines en RDC comme le groupe suisse Glencore vont sans doute sentir les conséquences.

Sur une pente ascendante depuis cinq ans, les exportations de cobalt du plus grand producteur mondial qu’est la RDC devraient dépasser 150.000 tonnes en 2025. L’impact de la suspension des exportations sur les quatre mois à venir sera difficile à déterminer sur le marché mondial. Toutefois, les autorités du pays entendent réaliser une évaluation à terme du délai fixé.
Par El Hadji Moussa Bèye



