Sénégal, Ziguinchor, Mlomp : au cœur d’une fête destinée à la fin des récoltes

Sénégal, Ziguinchor, Mlomp : au cœur d’une fête destinée à la fin des récoltes
Crédit photo : aventure destination Sénégal

La fête de la fin des récoltes, plus connue sous le nom de Kamanguene en langue diola, est célébrée chaque année au courant du mois de février, à Mlomp, un village situé dans la région de Ziguinchor, plus précisément dans le département d’Oussouye. Ici, la terre est remerciée, et les futurs mariés honorés.

Gloire au tout puissant, honneur à la terre

Après un travail acharné dans les champs, C’est le temps de la moisson : « Dieu a exaucé nos efforts et nous lui rendrons grâce », explique le curé de la paroisse Sacré-Cœur de Mlomp, le père Edouard Diédhiou. Voici l’essence de la fête de la fin des récoltes. Tout le monde se regroupe pour adresser un grand merci au puissant créateur, ajoute-t-il. Autour de lui, une foule immense forme un cercle dans lequel se déroulent des combats de lutte traditionnelle, offrant une ambiance particulière et des cris de bonheur à tout bout de champ. Le père Edouard ajoutera à cet effet que « le Kamanguen est un moment fort pour regrouper les gens en communion afin que tout le monde se sente entre frères et sœurs ».

Retour au bois sacré, une pratique obligatoire

Aî Oumoy Ebé Sambou, l’une des reines du village, atteste que « la fête des récoltes est aussi un instant sacré où la communauté se rassemble pour exprimer ses prières communes au niveau des bois sacrés ». Le Kamanguene est un moment de partage et de célébration où les récoltes abondantes sont exposées, mais « les futurs mariages y sont annoncés », confirme-t-elle. De teint noir, vêtue traditionnellement avec des habits de couleur rouge clair, accompagnée d’un collier doré au cou. Queue de cheval à la main, la reine s’exprime joyeusement, nous faisant savoir que ce cercle formé est considéré comme étant l’église Diola prête à bénir les futurs mariés qui défilent au centre. Il s’agit d’une pratique obligatoire que les futurs époux doivent accomplir avant d’envisager un mariage religieux, a-t-elle souligné.

Une pratique qui annonce un départ

Il s’agit d’une célébration traditionnelle qui englobe toutes les couches du village de Mlomp, ainsi que celles de Cadjinolle et Kagnout. À cette occasion, « la femme qui se marie a droit à des bottes de riz fraîchement cueillies », déclare Barthélemy Bassene, le représentant des chefs de Cadjinolle. Il continue en précisant que c’est une façon d’expliquer à la femme que sa jeunesse est désormais passée et qu’il y a « des obligations qui l’attendent chez son époux » ; également, cette pratique vise à lui faire réaliser que les terres de ses parents ne sont plus les siennes, celles de la famille de son mari deviennent les siennes.

Terre d’histoire. Mlomp, situé dans le département d’Oussouye, berceau de l’héroïne de Cabrousse, Aline Sitoé Diatta, est et restera à jamais un miroir historique et culturel.

Par Moussa Balla Camara

Salmane AF SOW

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *